messe chrismale 2021

Homélie messe chrismale 2021

 « Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Jésus-Christ, le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts, le souverain des rois de la terre ».

Bien chers et frères sœurs,

Nous sommes heureux de célébrer cette année la messe chrismale ici à la paroisse Saint Dominique Savio avec la participation des tous les prêtres, quelques religieux et religieuses, ainsi que les laïcs venant de toute les paroisses du diocèse.  La messe chrismale est véritablement une messe qui manifeste l’unité de notre Eglise-Famille de Dieu autour de son évêque. Chrismale vient du mot grec khrísma qui signifie huile consacré ; et la messe chrismale est une messe au cours de laquelle l’évêque bénit l’huile des catéchumènes et l’huile des malades et consacre le Saint Chrême qui servira pour les baptêmes, la confirmation et l’ordination quand elle est prévue. C’est aussi au cours de cette messe que les prêtres vont renouveler leurs promesses sacerdotales, la promesse de vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus, de chercher à lui ressembler, de renoncer à eux-mêmes, d’être fidèles aux engagements attachés à la charge ministérielle, de célébrer les sacrements et d’annoncer la Parole de Dieu avec désintéressement et charité.  

   Les textes que nous venons d’écouter parlent tout d’abord de notre consécration à nous tous lors de notre baptême pour être envoyés comme serviteurs de la Bonne nouvelle de Jésus Christ car, lors de notre baptême, « Jésus-Christ a fait de nous le royaume et les prêtres de Dieu son Père ». Mais d’une manière particulière, les textes parlent de ceux des baptisés qui ont été spécialement consacrés par l’Esprit  Saint dans le Christ pour être ses représentants et agir en son nom dans le service de la parole, de la prière et de la charité, c’est-à-dire les prêtres ordonnés à ce service. Permettez-moi donc de m’adresser en premier lieu à nos prêtres.

    Chers confrères dans le sacerdoce, ce jour nous rappelle notre ordination, c’est-à-dire notre consécration par l’Esprit Saint pour collaborer à la mission du Christ. Tout en vous souhaitant bonne fête du sacerdoce, je voudrais axer ma réflexion sur notre consécration ou sur notre mise à part pour la mission à  laquelle le Christ nous a associés, non pas parce que nous avons plus des mérites que les autres hommes mais parce que Dieu l’a voulu ainsi dans son amour et je dirai même dans sa grande miséricorde.

 « L’Esprit du Seigneur  est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction ». Ce passage d’Isaïe que Jésus s’est appliqué dans la synagogue de Nazareth, nous pouvons chacun de nous l’appliquer à notre sacerdoce, même si, bien entendu, notre sacerdoce n’est qu’une participation particulière au sacerdoce du Christ.  Jésus a prié pour que ceux que le Père lui a donné, soient consacrés par la vérité, « Pour eux je me consacre moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, consacrés par la vérité » (Jn 17, 19).

Comment vivre la différence de notre consécration  ou encore de notre mise à part de manière à faire de notre sacerdoce, une source de fécondité spirituelle pour nous-même et pour ceux pour qui nous avons été mis à part ?

Le Concile Vatican II a mis en lumière, l’image pastorale du prêtre : un homme proche des gens, partageant leurs joies et leurs peines, collaborateur ou coopérateur de l’évêque,  plus sensible à l’idée de fraternité, de solidarité, d’égalité entre les hommes. A l’intérieur de la communauté, il est  à la fois un guide qui doit montrer le chemin, un père qui rassemble mais  en même temps un frère parmi ses frères, celui qui sait les écouter, celui qui sait collaborer avec tous.

 Le prêtre est présent au monde certes,  mais aussi averti des dangers que cela comporte. Il est présent au monde avec son identité propre et ne doit ni la diluer, ni la dissimuler. Aussi, tout en parlant du prêtre comme un homme parmi ses frères, les mêmes documents de l’Eglise insiste sur l’identité propre du prêtre qui, parce qu’il est configuré au Christ-Tète, est appelé à l’imiter dans son être et dans son agir. « Dans le climat culturel actuel il convient d’affirmer que l’identité du prêtre comme homme de Dieu n’est pas obsolète », le dira le document sur le ministère et la vie du prêtre. L’identité du prêtre, découle de sa participation spécifique au Sacerdoce du Christ, par laquelle le sujet ordonné devient, dans l’Église et pour l’Église, image réelle, vivante et transparente du Christ Prêtre (MVP, 2).

Avant d’être homme du peuple, notre consécration par l’Esprit Saint fait de nous un homme de Dieu, un homme sacré, pas dans le sens d’intouchable, mais dans le sens de quelqu’un qui appartient à Dieu, quelqu’un dont Dieu a mis la main dessus. N’ayons pas peur d’accepter et de vivre notre consécration ou notre mise à part, même si cela implique sacrifices et renoncements.  Le prêtre n’est pas un fonctionnaire quelconque qui fait carrière dans une profession ou qui, une fois faire son boulot, fait ce qu’il veut dans sa vie privée. L’onction que nous avons reçue nous marque au plus profond de notre être de sorte que tout ce que nous sommes et tout ce que nous faisons doivent être transparents et contribuer à faire de nous des fidèles intendants des mystères de Dieu. Homme Dieu, le prêtre est d’abord un homme de prière et de la parole. Les fidèles laïcs le savent bien et respectent notre identité d’homme de prière et veulent nous voir prier. Mais là où cela semble moins respecter, il nous revient d’imposer ce respect, en congédiant parfois nos visiteurs en leur disant qu’il est arrivé le temps pour nous d’aller prier ou d’aller célébrer l’eucharistie.

Certes, nous devront nous faire frères des hommes, mais tout en sachant que notre mise à part pour Dieu ou notre consécration par l’onction trace bien les limites de ce que nous devons faire et ce que nous ne devons pas faire au point de dissimuler notre identité et de scandaliser ceux qui sont les plus faibles. De manière concrète, il y a des endroits où le prêtre a sa place et des endroits où il n’est pas le bienvenu. Nous ne pouvons pas tout faire comme tout le monde. Pour paraphraser Saint Paul dans 1Co 10,31, « tout ce que vous faites, manger, boire, ou n’importe quoi d’autre, faites-le pour la gloire de Dieu, faites-le en sachant que vous êtes prêtres de Jésus-Christ, consacrés par la vérité et ne soyez un obstacle pour personne ».

Jésus a choisi les douze apôtres «  pour être avec lui d’abord et ensuite pour les envoyer prêcher » (Mc 3,14). Nous aussi, nous ne sommes pas mis à part pour nous-mêmes mais pour être envoyés, pour le service du peuple de Dieu.Comme nous venons de l’entendre dans l’évangile de Saint Luc, le Christ place son sacerdoce sous le signe du service. Le Christ ne s’est pas oint lui-même mais c’est Dieu qui l’a oint de l’onction de l’Esprit saint.  Il ne s’est pas attribué lui-même la mission de libération pour laquelle il est oint mais c’est Dieu qui l’a envoyé porter la Bonne nouvelle de libération. Il en est de même pour nous. Notre sacerdoce qui est participation au sacerdoce du Christ, est un sacerdoce de service et il est plus particulièrement au service du sacerdoce des fidèles comme nous l’enseigne le Concile Vatican II. Nous ne nous sommes pas oints nous-mêmes mais c’est Dieu qui, dans sa grande miséricorde, nous a choisis et nous a consacrés par l’Esprit Saint à travers l’imposition des mains de l’évêque pour être au service de nos frères et sœurs. Durant ce temps de préparation aux fêtes pascales, les fidèles ont vu à travers les multiples activités que nous avons menées que nous sommes réellement à leur service : les retraites de carême, les confessions, les préparations au baptême, les différentes célébrations et autres. Nous sommes pris ce temps-ci et avons encaissé fatigue, chaleur, surcharge pour apporter la consolation du Seigneur à nos frères et sœurs, pour les aider à grandir dans la foi. Réjouissons-nous malgré la fatigue, car c’est dans le service rendu à la communauté que le prêtre trouve sa vraie joie. Fatigués mais joyeux quand grâce à notre ministère, des personnes se réconcilient avec Dieu et entre eux,  quand  les malades sont consolés, quand les nouveaux baptisés sont heureux de leur appartenance au Christ et à l’Eglise, quand la communauté chrétienne grandit et se mobilise pour faire le bien ou pour se libérer de tout ce qui fait obstacle à sa foi et à sa dignité.  Je prie pour que le Seigneur nous renouvelle dans notre fidélité et dans notre engagement au service de Dieu et de son peuple.

Chers fidèles, je me tourne vers vous pour vous dire qu’avec vous nous sommes des baptisés, nous formons avec vous un peuple des prêtres et de rois. C’est du milieu de vous que nous avons été choisis pour être vos serviteurs. Je vous demande de continuer à prier pour vos prêtres, pour leur sainteté. Je disais tout à l’heure que le prêtre trouve sa joie auprès de la communauté qu’il sert. Si vous chrétiens prenez au sérieux votre baptême et si vous vous efforcez à mener une vie chrétienne digne de votre foi vous donnerez davantage plus de joie à vos prêtres. L’Esprit Saint que vous avez reçu le jour de votre baptême et de votre confirmation, donne à chacun d’entre vous un charisme particulier pour le mettre au service de l’Église. Que chacun d’entre vous sache prendre sa part de responsabilité au niveau des CEB, au niveau de la paroisse pour faire grandir cette Église-Famille de Dieu qui est à Doba. Prions les uns pour les autres afin d’avancer ensemble sur le chemin de sainteté que le Christ nous a tracé et rendons grâce «  à celui qui nous aime, Jésus Christ, qui a fait de nous le royaume et les prêtres de Dieu son Père : à lui, gloire et puissance pour les siècles des siècles. Amen »

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